Durant des millénaires, ce fleuve aux berges de nos jours domestiquées offrait un univers tout autre. Sur ses rives, à la merci des inondations, alternaient des terrains herbeux et des zones de marécages.

Le lit de la Seine était aussi fort différent, un immense bras nord en arc de cercle se déployait, suivant le tracé des Grands Boulevards actuels. Ce cours d’eau s’assécha progressivement, laissant subsister un vaste espace marécageux, alimenté par les crues épisodiques du fleuve. Aux premiers siècles du second millénaire, des moines débutèrent l’assèchement de ces terres pour valoriser cette zone humide. Ces paysages marécageux se transformèrent en terre de cultures maraîchères. Des communautés religieuses s’y installèrent. L’ enceinte de Philippe Auguste édifiée vers 1200, englobe une partie de ce territoire et marque l’émergence de ce nouveau quartier : le Marais.
Ce nom viendrait-il de l’ancien écosystème palustre aux eaux stagnantes ou des cultures maraîchères les ayant remplacées ?
On y trouvait de la vigne, des céréales et des jardins potagers, à même de nourrir la population croissante. Deux siècles plus tard, Charles V fit construire la Bastille ainsi qu’une nouvelle enceinte, à la fois rempart et digue. Le Marais devient alors la résidence du Roi qui s’installe à l’Hôtel Saint Paul.
Sous Henri IV le Marais va muer, la construction en deux siècles de nombreux hôtels, Sully, Sens, Carnavalet, De Clisson, a attiré la Noblesse. Désormais on y vit et on s’y montre, entraînant la vie intellectuelle du XVIIe siècle, c’est l’âge d’Or du Marais. Dans les deux siècles et demi suivants, le quartier perd son empreinte aristocratique, autour des Hôtels, se bâtit une agglomération très dense d’immeubles collectifs. La Révolution, qui fit se transformer les édifices religieux, et le XIXe siècle qui amena des activités industrielles et commerciales contribuèrent à un assoupissement du Marais, peu touché du reste par les transformations haussmanniennes. Les cinquante dernières années sont caractérisées par une redécouverte du patrimoine historique et culturel du Marais. Du palud néolithique à l’univers tendance actuel, nul ne sait comment évoluera le Marais dans le futur. En attendant, le comité de jumelage vous invite à le découvrir en septembre prochain. JPC