Louis XV en fit cadeau à la ville de Paris pour créer une place à la gloire du roi avec au centre une statue équestre de celui ci. Au nord on construit deux palais jumeaux aux façades classiques monumentales. Dans ce Paris encore champêtre, c’est un mini Versailles qui sort de terre. En 1765, dans le palais le plus à l’est s’installe le Garde-Meubles Royal, ancêtre du mobilier National. Gestion et conservation du mobilier mais aussi des collections d’armes et des bijoux de la Couronne que le peuple pourra visiter après 1776.
La révolution s’installe. Le 13 juillet 1789, les révolutionnaires s’emparent des armes exposées, ils iront chercher
la poudre le lendemain… à la Bastille. Le roi et l’administration reviennent à Paris, le ministère de la Marine s’y installera jusqu’en 2015. Le 16 septembre 1792, pendant quatre nuits, une quarantaine de cambrioleurs dérobent les bijoux de la Couronne, une trace de l’effraction est encore visible aujourd’hui. En 1795, la place Louis XV devient la place de la Concorde. Au long de ces deux siècles, la Marine va réaménager le bâtiment en fonction de ses besoins. En 1848, Victor Schoelcher y élabore le décret d’abolition de l’esclavage, signé à l’hôtel de la Marine le 27 avril 1848. Son bureau de style rocaille a été conservé. En 2017 commence la restauration du bâtiment, l’objectif principal est de restituer l’atmosphère du XVIIIe siècle et d’abord retrouver les volumes d’origine. Grâce à un inventaire précis de 900 pages on a pu reconstituer des tissus, des soies peintes, retrouver les meubles présents sous la royauté. Le bâtiment n’a pas été saccagé pendant la révolution, seules les peintures d’origine ont été (re)peintes par les marins, il a fallu en retirer jusqu’à vingt couches ! La cour de l’intendant a été coiffée d’une verrière de 330 m2.

Fermé au public pendant deux siècles, les joyaux de l’hôtel de la Marine sont désormais accessibles à tous, un plongeon dans l’histoire, dans l’art et le patrimoine français. le comité de jumelage en proposera la visite le 14 juin prochain. JPC