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mar 30

TO PLAY OR NOT TO PLAY

A Bourges en 1545, Marie Ferré signe devant notaire un contrat la faisant entrer dans la troupe d’Antoine de l’Espéronnière.

Elle s’engage pendant un an à suivre la troupe partout où elle ira pour jouer « des antiquailles de Rome, soit plusieurs his­toires, morales, farces et soubresauts … en telle manière que chacun qui assis­tera y prendra joyeuseté et récréation ». Son mari, étant absent, elle stipule que s’il n’approuvait pas, cela mettrait un terme à ce contrat. « Elle sera nourrie, logée bien et dûment ». Elle recevra la somme de douze livres tournois, somme mo­deste pour l’époque.

Par ce contrat, Marie Ferré devient la première actrice pro­fessionnelle attestée du théâtre français. Depuis l’Antiquité et le début du théâtre (lieu où l’on re­garde), les personnages de femmes étaient inter­prétés par des hommes travestis. Sous la Chrétienté, les acteurs seront même excommuniés, Signe des temps, Jean-Paul II était un ancien acteur.

L’actrice émerge au XVIe siècle, le répertoire théâtral devient plus laïc et diversifié, la figure du travesti paraît désormais suspecte, étant assimilée à l’homosexualité, enfin, la société affirme son droit au plaisir, l’actrice devient source d’érotisme et de fantasme.

Marie Ferré et d’autres pionnières des scènes théâtrales durent accoutu­mer le public avant que les auteurs ne leur ap­portent un répertoire fémi­nin permettant ainsi de développer leurs talents dans des rôles d’envergure.

Enfin, notre amie Marie- Hélène Lentini, brillante descendante de Marie Fer­ré, nous apprend que la ville de Houilles est citée dans une pièce de Feydeau, « La dame de chez Maxim » où l’on parle d’un hypothétique « Miracle de Houilles ». • JPC